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| ARTURO FRONDIZI | ||
La grande émigration de la fin des années 1800
Giulio est né à Gubbio le 12 septembre
1865 de Ubaldo Frondizi et Teresa Minelli, dans le quartier de S. Martino, il a
habité dans la rue della Foce N°29, dans la via Gabrielli N° 19 et finalement
à Piazza 40 Martiri (alors nommée Vittorio Emanuele). De son père il apprit
l’art de la maçonnerie. En
1885 il s’inscrit à la
Società operaia di mutuo soccorso.
Le 24 juillet 1886 il épouse Isabella Ercoli, fille de
Ubaldo Ercoli et Virginia Vantaggi, habitant dans la paroisse de S. Agostino.
Du mariage de Giulio et Isabelle sont nés à Gubbio, via
Garibaldi, trois enfants : Luidina en 1887, Ubaldo en 1888 et
Tersilia en 1889.
Nous
sommes dans les années de la grande crise agraire qui fait inévitablement
ressentir ses effets négatifs jusque dans l’artisanat et donc aussi dans le
secteur du bâtiment, où travaille Giulio Frondizi
L'absence de travail oblige Giulio à émigrer : il
obtient un passeport pour l’Argentine le 9 juillet 1890. Sa femme l’obtiendra
deux ans plus tard, en 1892. Fut rejoint
Deux ans plus tard il fut par le reste de sa famille (sa femme et deux filles, le garçon
étant décédé).
On sait qu’après un très bref séjour a Buenos Aires, en décembre
1892 la famille Frondizi habite à Paso de los Libres, dans la
province de Corrientes.
Ici le travail ne manque pas: Giulio obtient un contrat avec l’entreprise
Chemin de fer du Nord Est. Il s’intègre bien dans la communauté locale et
avec les nombreux italiens présents. Les affaires vont bien, ses gains lui
permettent l’achat d’un four à briques et de divers terrains et lui
permettent d’effectuer, avec sa famille, quelques voyages à Gubbio où il
laisse plusieurs enfants (Luidina, Tersilia, Americo, Ricardo
et Isabella)
afin qu’ils fassent leurs études jusqu’en 1912.
Ses gains lui permettent aussi d’acquérir, en 1900, un terrain
à la périphérie de Paso de los Libres et de construire une grande et belle
maison. C’est ici que naîtra le 28 octobre 1908 Arturo
qui deviendra, à 50 ans, Président d’Argentine.
Les années suivantes seront moins riches à cause de la faillite
de la compagnie ferroviaire
anglaise, qui
l'employait les
voyages en Italie ont été suspendus mais Gubbio, ses habitants, sa culture,
S. Ubaldo,
étaient toujours présents dans les conversations des Frondizi.
Les Frondizi avec leurs 12 enfants se déplacèrent dans un premier temps, en 1913, à Conception en Uruguay et ensuite à Buenos Aires, en 1918, pour permettre à leurs enfants d’étudier à l’université. L’objectif à été atteint : Americo (1896) fut diplômé en pharmacie, Ricardo (1900) devint un professeur d’anglais très connu, Silvio (1907) devint avocat et politicien, adepte du trotskisme , assassiné en 1974, Risieri (1910) fut philosophe et recteur de l’université de Buenos Aires, Virginia (1899) enseignante primaire, il manque Maria (1897) qui mourut assez jeune, Isabella (1903) qui épousa Juan Tomas, Ersilia (Tersilia) épousa Virgilio Prosperetti, de ce mariage naîtra en Argentine, en 1914, Ubaldo qui deviendra professeur des universités de Perugia et Rome. Les frères manquants Giulio (1901) et Oreste (1905) devinrent des fonctionnaires
Cette grande famille
Frondizi, avec des enfants d’âge très différent (de 1887 à 1910) fut
tout l'univers d ’Arturo, un monde duquel on peut tirer expérience et
exemple.
Elena Faggionato (1911), fille de l’eugubina Clelia Cavicchi et de
Giuseppe Faggionato, de Cologna Veneta..
Pendant ce temps,
en 1939 éclata la seconde guerre mondiale, avec des répercussions sur l’économie
de l’Argentine. Sa situation politique difficile l’entraîne vers
le coup d’état de 1943 mené par un groupe d’officiers militaires
parmi lesquels le colonel Juan Domingo Peron. La direction du pays est
assurée par Pedro Pablo Ramirez.
L’action antidémocratique du gouvernement militaire rencontre
l’opposition de Frondizi qui est de nouveau arrêté et qui restera
deux mois en prison.
Pendant ce temps, et les années suivantes, monte le ‘’péronisme’’
qui assume le pouvoir lors des élections de février 1946; Arturo est
également élu au congrès National, les députés du groupe de l’opposition y est
parmis reconduit de nouveau en 1948.
Cette période, dominée par la figure de Peron, dura jusqu'en 1955
quand un mouvement révolutionnaire, mené par des militaires, oblige le chef de
l’état à fuir et à s’exiler ‘’volontairement’’.
De ce mouvement de résistance, Frondizi est considéré comme le
chef et en 1956 il est réélu Président de l ’ Union Civique
Radicale (UCR)
qui soutient le gouvernement provisoire du Président Aramburu,
gouvernement qui procéda à la dissolution du Parti Péroniste et décréta
l’interdiction absolue pour ses dirigeants de participer à la vie politique.
Avant toute chose on pense à normaliser la situation avec un
gouvernement qui proviendrait d’élections libres. A l’intérieur du parti
de Frondizi (UCR) s’ouvre un dur débat sur le choix du candidat à la présidence:
il y a deux prétendants: Frondizi et Balbin. Au terme d’un débat
acharné, suivi d’un vote, Frondizi est proclamé candidat, mais Balbin n’accepte
pas ce choix et il s'en suivit une importante scission : l ‘Union
Civique Radicale Intransigeante (UCRI) avec Frondizi et l ’ Union Civique
Radicale du Peuple (UCRP) avec Balbin.
Le
28 juillet 1957 se déroulent les élections, mais aucun parti n'atteint la
majorité.
Frondizi,
Président de l’Argentine
Des
nouvelles élections
sont organisées le 23 février 1958 : le parti de Frondizi obtient
44.8% des votes, fils d’émigrés eugubini,
il sera élu Président de la république
Argentine!
La situation économique du pays est désastreuse : les rentrées
de l ‘ Etat sont inférieures aux dépenses. Le gouvernement Frondizi cherche
à rejoindre l’autosuffisance dans la consommation du pétrole, essayant d’utiliser
au maximum les sources de gaz naturel et le charbon ; intensifie le développement
de l’industrie sidérurgique, automobile et chimique ; relance la
politique des transports et des communications ; développe la production
agricole et
zootechnique ; essaye de développer l’initiative privée.
Après
deux ans de dur labeur la situation interne, bien que pas facile, semblait être plus
sereine et un certain degré de stabilité interne, aussi bien sociale qu’économique,
avait été rejointe grâce aussi au recours à des prêts internationaux (parmi
lesquels celui de plus d’un milliard de dollars obtenu des Etats Unis en 1960).
Visite
d ’Etat à Gubbio
Le jour suivant il assiste à la
Fête des Ceri
(les petits), déplacée pour l’occasion.
Après deux ans, le 29 mars 1962, un coup d’état militaire
termine la période de démocratie que Frondizi avait élaborée pour l
‘Argentine.
Malheureusement, en tentant de créer un grand développement, Frondizi avait
appelé en Argentine des capitaux étrangers qui entrèrent inévitablement en
concurrence avec les industriels locaux, lesquels retirèrent leur appui au Président
et amorcèrent le mécanisme qui a conduit au coup d’état. La popularité de
Frondizi était notablement tombée, comme le montrèrent, lors des
élections de mars 1962, les 35% de votes recueillis par les péronistes,
de nouveau dans la course électorale. Nonobstant le fait qu’il interdise à
cinq représentants péronistes d’assumer la charge de gouverneur provincial
conquise de manière électorale, le Président fut démis par les forces armées,
qui l’accusèrent de peu de fermeté contre le mouvement péroniste.
Pour Frondizi l’exil durera
jusqu’en juillet 1963. Il a même été victime d’un attentat,
sans conséquences, en 1964.
L'
Argentine pendant la dictature
En mars 1976 un gouvernement dirigé par le général militaire Jorge
Rafael Videla assuma les pleins pouvoirs, il dissout le parlement et
imposa la loi martiale, Videla débuta alors sa campagne de terreur contre
les adversaires politiques, basée sur des arrestations, tortures et assassinats
de masse.
L ‘Argentine vit le triste phénomène des "desaparecidos",
la "disparition" des opposants au régime, séquestrés et tués par
la dictature militaire. Videla fut remplacé par le maréchal Roberto Viola
en mars 1981, lui-même démis un an plus tard par le général Leopoldo Galtieri.
Le gouvernement de ce dernier débuta, en avril 1982, l’occupation des îles
Falkland (les Maldives pour les argentins), mais après une très brève
guerre la Grande Bretagne récupéra les îles, discréditant sans appel le
dictateur, qui sera substitué par le général Reynaldo Bignone.
Frondizi
décide de faire un voyage officiel en Europe et débute a Rome sa visite d' état le 16 juin 1960, dans l’après-midi,
il arrive à Gubbio en hélicoptère.
Pour Arturo Frondizi et sa femme, Gubbio
représente un retour aux sources, jamais oubliées!
La cité vit cet événement dans un climat de fête. Le président
revoit la maison de son père, embrasse amis et parents.
A Gubbio il rencontre aussi Enrico Mattei, président de l' ENI (Groupement
National des Hydrocarbures) et avec lui parle naturellement de pétrole et de
possibles investissements du groupement italien en Argentine.
Il se rend en
prière à la Basilique
de S. Ubaldo
où il monte tout près du cercueil de cristal où repose le corps du Saint.
Avant de repartir pour Rome, il passe par Perugia où il reçoit la
licence ‘’ad honorem’’ en Sciences Politiques pour sa publication
‘’Pétrole et Politique’’ en
1954.
Enfin il retourne
à Rome, où il rencontre le Pape Jean XXIII, puis à Milan, avant de
continuer sa tournée en Europe.
Il continue à s’occuper de politique, mais il ne reconquière
pas le pouvoir.
En
1966 il appuie le coup d’état militaire qui ôte le pouvoir à son successeur
Illia et mène à la présidence le général Ongania qui sera à
son tour destitué en 1970, Frondizi ne partage pas la politique économique
d’un tel gouvernement. En 1971 c’est le général Augustin qui assume
la charge, il essayera d’entamer un retour dans le régime civil. Toutefois,
en 1972, le pays fut secoué par une nouvelle ondée de violences, grèves, révoltes
estudiantines et actes de terrorisme, alimentés par l’aggravation de la crise
économique. En mars 1973 les péronistes remportent largement les élections et
leur candidat aux présidentielles Campora assume la charge pour l’abandonner
un peu plus tard et en septembre un nouveau vote populaire ramène Peron
à la présidence avec plus de 61 % des voix.
Avec Peron, Frondizi alterne appui et critiques, quand, le 1er
juillet 1974, Peron mourut, sa 3ème femme Isabelita Peron,
vice-présidente, monta au pouvoir.
Pendant son gouvernement, les conditions politiques et économiques
du pays se dégradèrent dramatiquement, le terrorisme de gauche et de
droite provoqua plus de 700 morts durant la seule année 1975.
Même un frère d' Arturo, Silvio Frondizi, le 27
septembre 1974 fut séquestré et tué par les brigades de la mort.
En octobre 1983, dans une situation de crise très grave, avec une dette
extérieure sans précédent et une inflation qui dépasse les 900% annuels,
le pays organise les premières élections présidentielles démocratiques
après dix ans, élisant le candidat du Parti Radical Raoul Alfonsin.
Ceci guida le pays vers le retour à la démocratie : les forces armées
furent réorganisées ; les précédents leaders militaires et politiques des
dix dernières années furent écartés ; le déficit extérieur fut
progressivement réduit ; des réformes fiscales furent également
introduites. Aux élections présidentielles de mai 1989
le candidat péroniste Carlos Saoùl Menem fut élu président.
Menem impose un programme drastique d’austérité d’inspiration néolibéraliste,
et dans les premières années 90 réussit à freiner l’inflation, équilibrer
le bilan, privatiser les entreprises d’état et solder les dettes de l’état
auprès des banques. En 1990, le pays encore soumis à de graves tensions et au
chantage de la hiérarchie militaire, Menem consent l’amnistie aux exposants
du régime militaire avec une loi dite ‘’de l’obédience due’’.
Aux élections de 1995 Menem fut réélu à la présidence
du pays, mais très rapidement on constata d’importantes divisions à l’intérieur
du parti, elles annonçaient déjà la lutte pour la succession. Menem fut accusé
de corruption par son ex ministre de l ’ Economie
Domingo Cavallo.
Ceci est l ‘ Argentine que Arturo Frondizi laisse, quand il meurt, le 18
avril 1995, à l ’âge de 87 ans. Sa femme Elena est morte cinq ans
auparavant, en 1991.
Après le retour à la démocratie, Frondizi fut complètement réhabilité
aussi bien par les politiques, Président Menem en tête, que par les militaires.
En
particulier, déjà en 83, l' Académie Nationale d’Histoire et des Sciences
Morales et Politiques, par la bouche de son doyen, Enrique De Gandia,
reconnaît que "l ‘ éloignement du pouvoir de Frondizi fut la plus
grande erreur commise par les forces militaires’", ces mêmes forces
armées le décorèrent avec la "Médaille de l ‘ Armée Argentine",
la plus haute distinction "pour réparer l'erreur historique qui entraîna
son renversement" comme à dit le chef de l'armée, général Martin
Balza.