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| THANN | ||
Pour visiter le site
de Office de Tourisme du Pays de Thann
Elle
est située en France, à 338 mètres d'altitude, dans la partie méridionale de
la Région Alsace. 7783 habitants la composent, plus les 1871 de la ville
de Vieux-Thann.
communément
appelé "l'Oeil de
la Sorcière", et d'autre part, par le "Staufen" sur lequel est
édifiée la Croix de Lorraine, un monument en hommage à la Résistance
Alsacienne.
Thann
est également la Porte Sud de la très célèbre "Route
des Vins d'Alsace"
qui s'étend jusqu'à Strasbourg.
La ville conserve de nombreux et célèbres témoignages d'architecture médiévale
et de celle de la Renaissance.
Le 16 mai 1958,
le maire de
Gubbio
Giuseppe Bei Clementi et celui de Thann Pierre Schiélé, signèrent
l'Acte
Officiel de Jumelage
entre Gubbio et Thann.
Mais les deux villes étaient
déjà unies de nombreux siècles auparavant. On peut dire que ce jumelage
est "le plus vieux d'Europe" puisque "né" en l'An 1161, et
qu'il a sa raison d'être et tient sa force dans le culte du patron commun
Tout est dû à la présence à Thann d'une relique de S.Ubaldo, relique dont on sait avec certitude depuis 1975 qu'elle représente un fragment de peau de l'oriculaire droit de S.Ubaldo.
La
légende dite du "pouce"
Le serviteur fit ce que S.Ubaldo avait ordonné, mais en voulant retirer l'anneau,
tout le pouce se détacha. La stupeur fut grande cependant il tint cette relique
comme un trésor et la cacha à l'intérieur d'une cavité de son bâton et
entreprit son long voyage vers son pays lointain.
Un an plus tard environ, le 30 juin 1161, il arriva dans la vallée où se
trouve Thann aujourd'hui. Il faisait très chaud ce jour-là et sa fatigue était
grande, c'est ainsi qu'il posa son bâton contre un sapin et s'endormit à
l'ombre de celui-ci. Quand il se réveilla il voulut reprendre son chemin mais
ne réussit pas à "détacher" son bâton qui avait pris racine.
Dans le même temps, le Comte Enghelhard vit depuis son château trois flammes
s'élever de la cime de l'arbre sans que le feu ne consumme celui-ci. Il se précipita
alors dans la forêt et trouva l'homme en prière devant le bâton. Le serviteur
raconta son histoire et le Comte, y voyant un acte divin, promit de faire édifier
une petite église dans laquelle conserver la relique. Une fois la promesse
faite, le bâton se détacha.
Une
légende
raconte que S.Ubaldo avait ordonné à son fidèle serviteur, originaire du Nord
de l'Europe, de prendre et de conserver son anneau d'Evêque au moment de sa
mort (le 16 mai 1160).
Ceci
est la légende! Mais l'histoire qui suit la confirme, pour le moins en
substance!
En
effet, la chapelle sortit réellement de terre et un peu plus tard les premières
habitations. Ainsi nacquit Thann, la ville dans laquelle les Thannois ont
toujours continué à fêter le 30 juin 1161 comme jour de la création de leur
ville.
Deux
siècles plus tard commença la construction de léglise actuelle, la "Collégiale
Saint Thiébaut",
exemple splendide d'art gothique dans laquelle est jalousement conservée la
relique de S.Ubaldo, relique dont nous avons désormais la certitude qu'elle est
une partie de l'oriculaire de la main droite de S.Ubaldo et non pas du pouce
comme le disait la légende.
Des
spécialistes des Musées du Vatican en sont arrivés à cette conclusion, quand
en 1975-76, ils pratiquèrent l'examen du corps de S.Ubaldo.
En effet, le calque de la main droite révéla que sur l'oriculaire il manquait
un lambeau de tissu qui avait les mêmes dimensions que la Relique de Thann.
L'équivoque quant au pouce est sans doute dû au fait que la relique est insérée
dans une composition de cristal de roche en forme de pouce.
En outre, si l'on prend en compte les dires des deux premiers biographes et
contemporains de S.Ubaldo (Teobaldo et Giordano), l'existence d'un serviteur et
une blessure à la main droite de S.Ubaldo sont confirmées.
En
effet, Teobaldo disait : "… à la main droite de S.Ubaldo il manquait un gant… son serviteur
courut alors
le lui enfiler". Giordano précisa également que "…
sa peau était d'une exceptionnelle luminosité et blancheur, vierge de toute
plaie, si ce n'était cette blessure à la main droite".
Thann:
la fille aînée de Gubbio
La
dévotion envers S.Ubaldo lie intimement les villes de Thann et Gubbio, à tel
point que les Thannois ont coûtume de dire : "Thann est la fille aînée
de Gubbio".
C'est
également pour cette raison qu'il nous semblait normal que le premier "Cercle
de zone" de notre association "Les Eugubini dans le Monde" soit dédié
à Thann : Le
Cercle Saint Thiébaut.
Au
cours des siècles, les
liens entre Gubbio et Thann
furent fréquents et jamais interrompus. Déjà en 1289, Benvenuto, Evêque de
Gubbio (1278-1294), s'était rendu en Alsace, envoyé par le Pape. Au milieu du
14ème siècle, le prieur de Thann, Nicolas Wolfach, vint à Gubbio,
probablement pour copier les écrits de Teobaldo relatant la vie de S.Ubaldo et
la lithurgie de la Fête de S.Ubaldo.
En
effet, les deux textes sont contenus dans le Code Thannois.
En 1544, les frères Ulrich et Thiébaut Hess se rendirent à Gubbio, ville dans
laquelle la tradition du doigt de S.Ublado à Thann était assez bien acceptée,
à tel point que dans le document consigné par l'Eglise
de S.Ubaldo aux
"Canonici regolari Lateranensi" (1512), il était spécifié qu'il
manquait effectivement une partie du pouce au corps de S.Ubaldo.
En 1705 ainsi qu'en 1730, deux délégations, l'une menée par Louis de Rouffach
et l'autre par les frères réguliers Sigismond Gobel et Colin de Valoreilles,
se rendirent de nouveau en terre eugubine.
Leur but était de vérifier la véracité de la tradition de Thann, sur
laquelle planait le doute depuis quelques temps, depuis qu'en 1593 une
inspection du corps de S.Ubaldo avait cassé les certitudes à l'aide d'un
rapport disant : "Corpus inventum intactum cum omnibus suis partibus nullo carens
digito nec alio membro…" ( le corps comporte tous ses parties, il ne
lui manque aucun membre, pas même un doigt…)
Cependant, malgré les faits, les Thannois continuèrent toujours de croire à
la légende, tant il est vrai qu'en 1761, on célébra de grandes fêtes afin de
célébrer le 600ème anniversaire de la fondation de la ville.
S'en suivit la Révolution Française, l'Epoque Napoléonienne, la Restauration
et la Guerre du Renouveau Italien, événements de l'histoire qui empêchèrent
tout contact pendant un siècle. Mais en 1860, les Thannois, en pleine préparation
du 700è anniversaire de leur ville, se manifestèrent à nouveau : le doyen de
Thann, Jean Grienemberger, demanda à l'Evêque de Gubbio, Innocenzo Sannibale
(1855 - 1891), une petite relique de S.Ubaldo, afin d'avoir quelque chose de
concret entre les mains. C'est ainsi que furent envoyés à Thann de petits
lambeaux de cuir chevelu et un morceau de gant, qui pendant des siècles,
avaient recouvert les mains sacrées.
Mais
il ne fut possible de donner aucune certitude quant à l'authenticité de la
relique et plus encore, l'Evêque devait confirmer ce qui avait été observer
par le passé lors de l'examen du corps, en 1593 très exactement,
à savoir que le corps de S.Ubaldo était entier.
Les
preuves scientifiques
A
Thann on ne peut faire autrement que procéder à l'examen de la relique, examen
duquel il résulte qu'elle n'est pas composée "de la phalange entière
du pouce avec son os, mais plutôt de peau frippée…"
La vérité à propos de la relique
conservation
mais aussi pour son nettoyage et sa désinfection.
Le
grand afflux de pèlerins stimula la construction de l'actuelle "Collégiale
St. Thiébaut, édification qui dura plus de 200 ans, et fut portée à terme grâce
à la générosité des habitants de la ville, des pèlerins et des Habsbourg
(en effet Thann fut sous domination des Habsbourg de 1324 à 1648).

La "Cremation des trois Sapins"
A
Thann également, la fête en l'honneur de S. Ubaldo a des aspect
pittoresques. Elle a peu en commun avec la Festa
dei Ceri,
mais est également caractéristique et originale.
Quoi
qu'il en soit, elle est célébrée en l'honneur de S. Ubaldo, il y a trois feux,
l'atmosphère est joyeuse et apaisée, en adéquation avec l'exhortation du Pape
Célestin III à célébrer la fête de S. Ubaldo "ylariter" (allègrement).

La crémation
des Trois Sapins a lieu le 30
juin de chaque année en souvenir de l'arrivée du serviteur de S. Ubaldo avec
en sa possession la relique.
A 21 heures, après les vêpres solennelles, se déroule une procession avec la
statue de S. Ubaldo, puis les trois troncs d'arbre sont allumés, trois "sapins"
préalablement ouverts de façon à constituer une sorte de panier rempli de
copeaux et de paille et décorés de branches et de feuillages verts, et clos
avec un petit sapin sur la cime.
A
la fin des trois feux, allumés par diverses personnalités militaires,
religieuses
et civiles, un magnifique feu d'artifice a lieu.
Il apparaît évident à tous que S. Ubaldo est représenté de manière différente à Thann et à Gubbio. La chose frappante à Thann est l'absence de la barbe de S. Ubaldo. Quelle peut être la cause de cette différence si frappante? Selon Braccini, il est probable "que le Saint, durant les dernières années de sa vie, ait été obligé de se faire raser la barbe, du fait d'une maladie de la peau de laquelle il souffrait. C'est ainsi que l'a raconté le serviteur".